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Samsø, ou « l’île du nirvana vert »

SPM_A1387La COP15 constitue une opportunité unique pour le Danemark d’exposer son savoir-faire en termes de technologies vertes. Cela n’a évidemment pas échappé au gouvernement danois, qui a pris ces dernières semaines un certain nombre d’initiatives destinées à s’assurer que le pays tire pleinement profit de l’attention qui lui est aujourd’hui portée. Parmi elles, la mise en place d’un partenariat public-privé dénommé “Alliance Verte”, censé promouvoir le développement des technologies de l’environnement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la première des cinq réunions programmées en 2010 dans le cadre du Forum de la Croissance, la nouvelle structure informelle de prospective, aura pour thème la croissance verte (1). Un thème sur lequel le Danemark dispose souvent d’une longueur d’avance: les exportations de technologies ont représenté pas moins de 3,5% du PIB en 2008, un résultat qui place le pays à la première place mondiale. Pour le Brésil, second du classement, cette part atteint…1%, les autres pays industrialisés étant encore plus distancés (2). Le résultat d’investissements judicieux qui ont débuté il y a une vingtaine d’années…

La loupe posée aujourd’hui sur le Danemark n’aura à n’en pas douter des effets grossissants. Certains des résultats obtenus ne manqueront pas d’être exagérés avec la complicité bienveillante (et compréhensible) des autorités danoises. Il est toutefois un nom que le pays peut mettre en avant sans plus rien avoir à prouver, tant il est désormais connu internationalement: Samsø. Surnommée “l’île du futur” (New York Times) ou encore “l’île du nirvana vert” (World News Australia), Samsø a fait l’objet ces derniers mois d’un nombre incalculable de visites de journalistes et d’environnementalistes du monde entier (3). Notre pays n’a pas échappé à l’engouement: France 3 y est par exemple allée de sa petite contribution (4).

La raison de l’intérêt porté à Samsø tient au pari, fait en 1997, de rendre l’île indépendante énergétiquement dans les dix ans. Un pari atteint dès 2003, l’île, d’une surface de 114 kilomètres carrés et peuplée par quelque 4000 habitants,  “exportant” même de l’électricité depuis lors, ce qui permet d’investir dans de nouveaux projets à forte connotation énergétique et de financer les activités de Samsø Energiakademi (5). Inaugurée en mai 2007, cette “académie” a pour objectif de rassembler les connaissances en termes d’économies d’énergie et d’énergie renouvelable et d’accueillir des chercheurs du monde entier dont les travaux sont axés sur ces thèmes. Elle organise régulièrement des conférences et se propose également d’accueillir élèves et touristes.

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Pour atteindre l’objectif d’indépendance énergétique, Samsø a dû investir pas moins de 368 millions de couronnes (environ 50 millions d’euros) dans une série de projets. L’installation d’éoliennes a évidemment joué un rôle primoridial dans la politique qui a été mise en place. 11 éoliennes ont ainsi été installées en 2000 pour 66 millions de couronnes (environ 9 millions d’euros), permettant de couvrir plus que la totalité des besoins de l’île en électricité (les agriculteurs de l’île sont propriétaires de 9 d’entre elles). 10 autres éoliennes de plus grande taille ont ensuite été installées au large de l’île en 2003, la commune devenant alors propriétaire de cinq d’entre elles. Ces éoliennes produisent plus d’énergie que l’île n’en a besoin pour son secteur des transports (y compris les 3 ferries).

Le pari fait sur l’éolien a de plus été complété par un série d’investissements, notamment dans des stations de chauffage alimentées par la biomasse, cette dernière étant la source unique de chauffage de 75% des habitations de l’île. Le recours aux panneaux solaires a également été encouragé.

Indépendante énergétiquement, Samsø vise désormais la neutralité en CO2 grâce notamment aux revenus tirés de sa production d´électricité excédentaire (les émissions de lîle ont été réduites de 140% au cours des dix dernières années) (6). Les autorités de l’île entendent en effet concentrer leurs efforts dans deux directions: un projet intitulé “Passivhus +10” et l’introduction de la voiture électrique. Le projet “passivhus + 10” est basé sur le principe que les coûts liés à la construction d’une maison passive ne peuvent excéder de 10% de ceux liés à la construction des habitations répondant aux exigences légales de construction.

L’aventure vécue par Samsø a donc débuté par l’éolien. Un domaine dans lequel la France a heureusement accompli des progrès depuis quelques années. Les résistances à ce type d’énergie restent toutefois nombreuses et contrastent grandement avec l’appropriation dont elle a fait l’objet par la population locale de l’île et par les Danois en général (7). En pleine COP15, il serait grand temps que ses opposants prennent conscience que la “pollution” visuelle, dans le domaine de l’énergie comme dans celui du petit écran (à quand l’introduction des sous-titres à la télévision?) est un moindre mal…

(1) Site du Premier Ministre http://stm.dk/_a_2940.html

(2) “Danmark giver baghjul i grønt salg” Berlingske Tidende, 10 décembre 2009 http://www.business.dk/brancher/danmark-giver-verden-baghjul-i-groent-salg

(3) “Samsø er berømt verden over” Berlingske Tidende, 26 novembre 2009 http://www.berlingske.dk/klima/samsoe-er-beroemt-verden-over

(4) http://info.france3.fr/avenue-europe/?date=2008/03/29&id_article=130 Pour avoir un aperçu de la couverture journalistique de l’île, consulter le site de Samsø Energiakademi, http://www.energiakademiet.dk/front.asp?id=100

(5) http://www.energiakademiet.dk/

(6) http://www.teknikogviden.dk/artikelarkiv/2008/12/passiv-huse-og-elbiler-foerer-samsoe-ind-i-fremtiden-.aspx

(7) Le Danemark compte pas moins de 4800 éoliennes. Sur ces 4800, seuls 114 offrent une puissance supérieure à 2 mégawatt. Depuis 2004, l’installation d’éoliennes a fortement ralenti. De nouveaux projets sont toutefois programmés.

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L’heure de la COP15 a (presque) sonné

SPM_A0544La COP15 approche à grands pas. Son issue en est aujourd’hui bien incertaine, le président américain n’ayant par exemple pas encore confirmé sa présence à Copenhague en décembre prochain. Son absence serait pourtant mal comprise: comment justifier sa toute récente venue au Danemark, destinée à défendre, d’une manière qui s’est avérée malheureuse, la candidature de Chicago dans le cadre de la tenue des Jeux Olympiques de 2016, et refuser de participer à une conférence censée sauver la planète? Il serait pour autant illusoire de croire que l’atteinte du consensus tant espéré permettrait de résoudre d’un seul coup de baguette magique l’ensemble des problèmes. Les engagements des précédentes conférences (Rio et Kyoto) n’ont en effet pas été tenus et les défis auxquels nous sommes aujourd’hui tous confrontés réclament un effort de longue haleine surpassant de loin l’héphémère fulgurance des flashs qui ne manqueront pas de crépiter d’ici deux mois.

Au Danemark, cet effort de longue haleine s’est traduit ces dernières semaines par une série d’annonces contribuant modestement au verdissement de l’économie:

– L’installation de quelque 2500 panneaux de cellules solaires (plus grand projet nordique) dans le cadre du projet Copenhagen Towers à Ørestad. (http://www.copenhagentowers.dk/#/forside). Les premiers KWh devant en principe être produits avant le début de la COP15. C’est l’entreprise Gaia Solar qui est responsable du projet.

– Le groupe Dong Energy vient d’inaugurer le plus grand parc éolien marin du monde en Mer du Nord. Composé de 91 éoliennes, il pourrait couvrir les besoins annuels en électricité de quelque 200 000 foyers. Un autre projet de cette envergure devrait être inauguré en 2012. Ces deux initiatives traduisent la volonté des autorités danoises de redonner une nouvelle impulsion à l’installation d’éoliennes dans le pays après quelques années de quasi-stagnation.

– Le groupe financier ATP, qui gère notamment la retraite complémentaire des Danois, vient d’annoncer son intention de porter de 3 à 10% la part de son portefeuille consacrée à l’environnement et au climat d’ici 4 à 5 ans (soit 5,4 milliards d’euros contre 1,5 milliard aujourd’hui). Une annonce qui fait suite à de récents investissements dans les forêts, notamment aux Etats-Unis.

– Le gouvernement danois vient de présenter une stratégie climat en relation avec le monde de l’entreprise dont le financement n’est essentiellement basé que sur la réallocation d’enveloppes déjà existantes, mais qui débouche sur le renforcement bienvenu des partenariats publics-privés dans le domaine des technologies vertes, à travers la mise en place d’une structure appelée “Alliance verte” (1).

Pour le Danemark, il s’agit en effet de ne pas se reposer sur le seul secteur des éoliennes, qui représente actuellement la plus grande part des exportations de technologies vertes du pays. En 2005, la part de marché du groupe danois Vestas atteignait 34%. Cette même part de marché n’est aujourd’hui plus que de 19,8%, la première place détenue par le groupe ne tenant désormais plus qu’à un fil…(2).

En attendant de parvenir à cette diversification souhaitée, le fort positionnement du Danemark sur l’éolien le “contraint”, en raison de l’instabilité naturelle de ce type d’énergie, à miser plus qu’ailleurs sur le développement d’un réseau intelligent (“smart grid”) de gestion numérique de l’énergie. Plusieurs entreprises de renommée internationale participent ainsi aujourd’hui à des programmes de recherche sur le sujet dans le pays (IBM et Siemens, qui participent au projet Edison en coopération avec Dong Energy et Risø DTU), le but étant que  chacun consomme de l’électricité lorsque le vent souffle, que ce soit dans la journée ou pendant la nuit, grâce au recours à des mesureurs déclenchant de manière automatique les appareils électriques lorsque le prix de l’électricité est bas.

C’est dans ce cadre national spécifique que la COP15 se tiendra d’ici deux mois. Mais indépendamment des avancées réalisées par chaque Etat, il faudra prendre en compte les moins avancés d’entre eux, qui auront à subir la plupart des dégâts causés par les effets du rechauffement climatique. Un fait qui ne semble pas échapper aux Danois si l’on en croit le succès de l’ouvrage explicatif mis gratuitement à leur disposition par le Ministère des Affaires Etrangères, qui va faire l’objet d’une réimpression (3).

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La COP15 se déroulera donc du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise. Au-delà du site officiel de la conférence (http://en.cop15.dk/), d’autres sources d’information incluant l’ensemble des acteurs directement impliqués (gouvernement, entreprises, ONG, société civile, groupes de réflexion…) méritent d’être consultées.

– Un site nordique, Nordisk Klimadag (http://klimanorden.org), en référence à la journée nordique du climat qui aura lieu le 11 novembre prochain, vise à diffuser les informations relatives au climat en direction des jeunes. L’autre but recherché est de créer un portail nordique compilant les différents matériels d’enseignement utilisés dans les pays nordiques.

– Parmi les initiatives à mettre en relation avec les autorités danoises, il faut relever Elsparefonden (http://www.elsparefonden.dk), institution indépendante placée sous le Ministère du Climat et de l’Energie (http://www.kemin.dk/da-dk/sider/forside.aspx), dont la tâche est d’orienter la population sur la manière de parvenir à faire des économies d’énergie et d’élargir l’offre de produits efficaces sur le plan énergétique. Les autorités danoises entendent la remplacer par un centre directement administré par la Direction de l’Energie (http://www.ens.dk/da-dk/Sider/forside.aspx) en 2010. Un guide sur les questions de climat et d’énergie est également proposé par cette dernière (http://www.klimaogenergiguiden.dk). Le guide offre, en danois et en anglais, un index de sites très utiles classés par thèmes.

– EnergyMap (http://www.energymap.dk) est le portail national destiné aux solutions de climat et d’énergie. Il est rattaché au Climate Consortium Denmark, un partenariat public-privé lancé en juin 2008 dont le but est de présenter tous les produits et technologies que l’industrie et les entreprises danoises proposent dans ce domaine.

– Parallèlement à la COP15 se tiendra les 12 et 13 décembre Bright Green (http://brightgreen.dk), évènement incontournable pour les entreprises désireuses d’exposer leur savoir-faire dans les domaines des technologies vertes. Plus de 160 exposants seront présents et parmi eux, quelques-unes des 300 entreprises danoises spécialisées dans ce secteur.

– Parmi les groupes de réflexion aujourd’hui influents, il faut citer Concito (http://www.concito.info), premier think-tank vert danois, qui entend contribuer, à travers ses différentes études, à la baisse des émissions de CO2 et à la réduction des effets liés au réchauffement climatique. Un autre acteur incontournable est le Copenhagen Consensus Center (http://www.copenhagenconsensus.com/CCC%20Home%20Page.aspx), dont Bjørn Lomborg est le directeur controversé. Le même Bjørn Lomborg intervient également dans les débats à travers son blog, malheureusement  uniquement rédigé en danois et hébergé par le journal Politiken (http://blog.politiken.dk/lomborg).

– Quelques 40 ONG  sont rassemblées depuis novembre 2008 dans le cadre de People’s Climate Action (http://www.peoplesclimateaction.dk/dk). Elles sont impliquées dans différents projets dont le but est d’attirer l’attention du public sur les problématiques environnementales.

– Au-delà des ONG. la société civile est représentée par Klimabevægelsen (http://www.klimabevaegelsen.dk/forside/171-voreshjem), mouvement indépendant dont les activités ont débuté à l’automne 2007. Un des évènements organisé en liaison avec Klimabevægelsen, intitulé Klimaforum09 (http://www.klimaforum09.org) et présenté comme une conférence alternative à la COP15, sera organisé au cours du mois de décembre sous forme d’ateliers et de différentes manifestations ouvertes à tous.

Dernière initiative notable, le projet New Life Copenhagen (http://www.newlifecopenhagen.com/index_lofi.php?lang=da). Réalisé en coopération avec les organisateurs de la COP15 et Klimaforum09, il fait appel à l’hospitalité des Danois pour que ces derniers hébergent gratuitement les visiteurs du pays lors de la COP15. Près de 3000 personnes bénéficieraient déjà de ce projet.

(1) http://oem.dk/sw26624.asp

(2) “Fra storspiller til miniput” Berlingske Nyhedsmagasin, numéro 29, 2-8 octobre 2009 http://www.business.dk/article/20091002/nyhedsmagasin/91001056/

(3) http://www.um.dk/da/menu/Udviklingspolitik/TemaerIBistanden/Verdensvejr/TurenGaarTilDeVarmeLande/

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Le Danemark neutre en CO2 en 2050?

SPM_A0066 La conférence internationale sur le changement climatique approchant à grands pas, Courrier Danemark se propose désormais d’aborder de manière régulière les thèmes de l’énergie, du climat et de l’environnement.  Des thèmes pour lesquels le Danemark, pays hôte de cette conférence, obtient des résultats contrastés. Tantôt encensé (du fait du développement de  l’énergie éolienne, du niveau d’intensité énergétique…), tantôt critiqué (niveau élevé d’émissions par habitant), le pays entend quoi qu’il en soit profiter de la COP 15 pour accélérer son entrée dans l’ère de la croissance verte.

Consommation d’énergie, PIB et intensité énergétique (Energi Styrelsen)

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Consommation brute d’énergie par source (Energistyrelsen)

Données corrigées 1980 1990 2000 2007
Consommation brutte (PJ) 814 819 837 874
Pétrole 67% 43% 44,7% 40%
Gaz naturel 0% 10% 22,9% 20%
Charbon 29,6% 39,9% 21% 22%
Déchêts (non bio-dégradable) 0,4% 0,6% 0,8% 1%
Energie renouvelable 3% 6,5% 10,6% 17%

A ce propos, les attentes liées à la COP 15, qui se tiendra du 7 au 18 décembre, ne doivent pas être exagérées. En premier lieu, le contexte économique actuel ne semble malheureusement pas se prêter à l’adoption d’un compromis ambitieux. Mais surtout, les conférences passées de ce type (Rio et Kyoto) n’ont donné lieu qu’à une succession d’engagements de réduction d’émissions qui n’ont à l’arrivée pas été tenus. Cela n’empêche pas le Danemark d’avoir récemment présenté, à trois mois d’intervalle, deux projets poursuivant cette logique de fixation d’objectifs clinquants à long terme.

La municipalité de Copenhague a tout d’abord rendu public au mois de mars un plan visant l’objectif “zéro émissions” d’ici 2025 (1). Un effet d’annonce, puisqu’avec les mesures présentées (recours accru à l’énergie éolienne, développement des voitures électriques et à hydrogène auxquelles serait accordé un stationnement gratuit, création de postes de consultants censés orienter les citoyens, efforts dans le domaine éducatif, notamment envers les enfants, programme de rénovation des bâtiments communaux…), les émissions ne passeraient finalement “que” de 2,5 à 1,1 million de tonnes de CO2. Mais un plan qui vient opportunément compléter l’usage de plus en plus répandu du vélo dans la vie de tous les jours (2).

Plus complet et du coup sans doute plus réaliste est celui présenté au début du mois de juin par Dansk Energi, organisation professionnelle regroupant les entreprises du secteur (3). Le titre du rapport, « Power to the people » illustre le rôle central joué par l’électricité dans le but de rendre l’ensemble du pays neutre en CO2 d’ici 2050. L’atteinte de cet objectif final serait permis par 4 grandes orientations:

1) La réduction d’un tiers de la consommation d’énergie (par rapport à aujourd’hui) et l’accroissement de la part de l’électricité dans la consommation d’énergie, de 20% aujourd’hui à un peu plus de 50% en 2050.

2) La part de l’électricité verte s’accroît à travers le recours à 600 000 voitures électriques en 2025 (25% du parc), aidé en cela par une exemption des taxes d’immatriculation jusqu’à 2015 avant une disparition progressive de cette mesure après cette date. Le transport  automobile est à 80% électrique d’ici 2050. Le reste du parc automobile a recours aux biocarburants. Utilisation accrue des pompes à chaleur, censées couvrir 20% des besoins de chauffage en 2050. 50% de la consommation d’énergie est couverte par l’électricité d’ici 2050.

3) La part de l’énergie renouvelable (éoliennes, biomasse et biogaz) sur la consommation totale d’énergie passe de 17% aujourd’hui à 40% en 2025 et 80% en 2050. 15% de la consommation de pétrole et de gaz réalisée par le secteur de l’industrie est remplacée par l’électricité (4).

Part de l’énergie renouvelable sur la consommation finale d’énergie en 2006 (Energi Styrelsen)

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Sources d’énergie renouvelable en 2007 (Energi Styrelsen)

En bleu: énergie éolienne, en vert: bois, en jaune: paille, en orange: gaz naturel, en violet: déchêts bio-dégradables et en gris: pompes à chaleur.

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4) La capture et stockage des rejets de CO2 (CSC).

Que les objectifs de ces deux plans soient ou non respectés, l’essentiel est finalement ailleurs: dans le renforcement marqué des moyens accordés à la recherche au développement, orientation permettant ainsi de déboucher sur la mise au point de technologies susceptibles de réduire de manière drastique les émissions de CO2.

A ce propos, si le  Danemark est un des plus gros émetteurs par habitant de CO2 de la planète, il le doit à son refus  du nucléaire et à la place accordée en conséquence au charbon, qui représente environ 20% de la consommation finale d’énergie. Un refus jusqu’à présent handicapant mais qui n’est pas dénué d’avantages à plus long terme au vu de la recomposition du paysage industriel liée au développement des nouvelles technologies (5).

Au-delà du refus du nucléaire et de la réduction progressive de la dépendance vis-à-vis du pétrole, d’autant plus souhaitable en raison de l’épuisement des réserves  en Mer du Nord, il convient donc d’effectuer un petit tour d’horizon des domaines dans lesquels les efforts du Danemark méritent d’être relevés:

– L’énergie éolienne. La réputation du Danemark dans ce domaine n’est plus à faire. Les rendements sont toutefois par nature fluctuants (6) et comme indiqué précédemment, la part de l’éolien en tant que source d’énergie renouvelable est finalement modeste. Le récent licenciement de 1200 employés du groupe Vestas, en dépit des bons résultats enregistrés en 2008, a de plus attiré l’attention sur le fait que le secteur est désormais quasiment exclusivement tourné vers l’export (+20% en 2008, pour un montant de 5,6 milliards d’euros, soit 7,2% du total des exportations et 70% du total des exportations de technologies énergétiques…(7). Le nombre d’éoliennes tend en effet à stagner au Danemark: le Portugal a par exemple installé 20 fois plus d’éoliennes l’année dernière…(8).

– Le recours aux voitures électriques. Il est aujourd’hui basé sur un projet de coopération entre Better Place, Renault-Nissan et DONG Energy, avec un objectif de 500 000 utilisateurs en 2020 (25% du parc automobile). Renault-Nissan s’est engagé à livrer les voitures électriques sur le marché danois d’ici 2011, le Projet Better Place installant quant à lui dès cet automne un réseau de bornes de recharge à travers le pays. La fiscalité automobile étant particulièrement incontournable au Danemark, le think-tank environnemental danois Concito propose de supprimer les taxes sur ces voitures tant qu’elles ne représentent pas 20% du parc automobile, promouvant ainsi le principe du “premier arrivé premier servi” (9). Concito insiste par ailleurs sur la nécessité de développer les voitures hybrides pour arriver à l’objectif de 20% du kilométrage couvert par les voitures électriques. A cela vient s’ajouter la récente proposition du Maire de Copenhague, Ritt Bjerregaard, de rendre gratuits les 11 bus électriques de la ville (CityCirkel) lors du débat budgétaire de septembre (10).

– L’énergie solaire en remplacement de l’énergie éolienne? C’est en tous les cas le sens du message de l’ancien prix Nobel de physique Jack Steinberger (1988), qui appelle les gouvernements à investir massivement (entre 20 et 25 milliards d’euros) en Afrique du Nord. Un effort susceptible de couvrir 80% de la consommation d’énergie de l’UE. En attendant son éventuelle réalisation, le Danemark poursuit ses efforts de recherche dans ce domaine. Un exemple est donné par le développement de nouvelles cellules solaires en plastique par une entreprise danoise, Mekoprint Electronics, en coopération avec le centre de recherche de Risø. Un nouveau débouché pour les exportations? (11).

– L’énergie provenant de la biomasse. Elle est l’incontestable source dominante d’énergie renouvelable au Danemark (près de quatre fois plus importante que l’énergie éolienne). Selon le plan conclu en février 2008 pour la période 2008-2011, son recours accru devrait permettre d’atteindre l’objectif de 20% d’énergie renouvelable en 2011. Sans compter le savoir-faire danois dans ce domaine, qui s’exporte de plus en plus (12).

Avec encore plus de 80% de sa consommation brute d’énergie assurée par le pétrole, le gaz et le charbon, le Danemark est donc encore loin de l’ère de croissance verte caractérisée par la renonciation totale aux énergies fossiles telle que souhaitée par Anders Fogh Rasmussen quelques semaines avant son départ. Cela n’empêche toutefois pas le pays d’être parvenu, comme à son habitude, à se positionner sur des niches porteuses et d’être souvent bien placé dans des domaines promis à un bel avenir…

Croissance comparée du PIB, de la consommation brutte d’énergie et des exportations de technologies dans le domaine de l’énergie (indice 100 en 1980)

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(1) Le plan est disponible (en danois) sur le site de la commune de Copenhague www.kk.dk

(2) Des données relatives à l’usage du vélo dans la capitale sont disponibles sur la page suivante: http://www.kk.dk/Borger/ByOgTrafik/cyklernesby/Cykeltal.aspx

(3) Le rapport en danois est disponible à l’adresse suivante: http://www.danskenergi.dk/Indblik/Power_to_the_people.aspx Pour de plus amples informations sur les entreprises membres de  Dansk Energi, consulter http://www.danishenergyassociation.com/AboutUs.aspx

(4) Selon l’accord sur l’énergie de février 2008, les énergies renouvelables doivent représenter 22% de la consommation finale d’énergie en 2011 et au moins 33% en 2025. D’autre part, selon Energi Styrelsen, 28,9% de la fourniture d’électricité provenait en 2007 de l’énergie renouvelable.

(5) A ce propos, lire l’excellent article de Corinne Lepage sur l’erreur historique constituée par le choix du nucléaire en France: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/05/le-choix-nucleaire-erreur-historique-par-corinne-lepage_1202870_3232.html

(6) Il semble en effet que la réduction des émissions de CO2 soit conforme aux engagements de Kyoto, mais cela s’explique par le fait qu’il y a eu beaucoup de vent et de pluie en 2007…De plus, les hivers sont plus doux. Corrigées de ces facteurs, les émissions ont en fait augmenté selon WWF. Voir “Danmark har EU-rekord i CO2- reduktion”, Berlingske Tidende, 30 mai 2009 http://www.berlingske.dk/article/20090530/klima/90530026/

(7) Klimaupdate (portail d’information sur le climat), 29 mai 2009 http://www.klimaupdate.dk/default.asp?newsid=560&opt=1&note=2008%20blev%20rekordår%20for%20vindmølleindustrien

(8) Les chiffres sont avancés par The European Wind Energy Association http://www.dr.dk/Nyheder/Indland/2009/02/04/052417.htm?rss=true

(9) “Danske bilister skal lokkes med afgiftsfrie elbiler” Berlingske Tidende, 4 juin 2009 http://www.business.dk/article/20090604/transport/706030100/

(10) “Ritt vil have gratis elbusser” Berlingske Tidende, 12 juin 2009 http://www.berlingske.dk/article/20090612/koebenhavn/90612144/

(11) “Solceller åbner for eksporteventyr”, Jyllands-Posten, 25 mai 2009 http://epn.dk/brancher/energi/alternativ/article1703250.ece

(12) Les exportations de technologies dans le domaine de l’énergie ont atteint près de 8 milliards d’euros en 2007. http://www.dr.dk/Nyheder/Penge/2009/04/30/064758.htm

Les deux premiers graphiques sont tirés du site de la COP 15: http://en.cop15.dk/files/images/Articles/Danish-example/danske%20eksempel%20engelsk.pdf. Le tableau et le troisième graphique sont tirés d’un document disponible sur le site d’Energi Styrelsen http://www.ens.dk/da-DK/Info/TalOgKort/Statistik_og_noegletal/Maanedsstatistik/Documents/Energi%20i%20DK2007.pdf. Le dernier graphique provient également d’Energi Styrelsen, d’un rapport intitulé “Energipolitik redegørelse 2009″.

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