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De l’affaiblissement des idéologies au Danemark

photo (2)Les élections approchant à grands pas, gouvernement et opposition tendent naturellement à essayer d’accentuer leurs différences. Par exemple sur la question de la pression fiscale: alors que le pouvoir en place, au nom du renforcement de la compétitivité, a accordé au cours des dernières années des allègements d’impôt sur le revenu et d’impôt sur les sociétés, l’opposition se déclare prête à repartir, même de manière limitée, dans l’autre sens. Un examen attentif de la vie économique et politique danoise indique néanmoins que ce jeu, bien plus qu’ailleurs, est une illusion. Le pragmatisme qui caractérise bon nombre de réformes adoptées au cours de ces dernières années traduit en réalité l’affaiblissement marqué des idéologies et constitue un facteur explicatif sous-estimé de l’émergence du modèle danois depuis la période de grandes difficultés rencontrée au cours des années 80.

Une des conséquences de cet affaiblissement des idéologies est le brouillage des identités des uns et des autres. Être libéral au Danemark n’a par exemple pas la même signification que dans le Sud de l’Europe. L’ère du libéral Anders Fogh Rasmussen (2001-2009) a par exemple été marquée par une croissance de la consommation publique semblable à celle constatée au cours des deux décennies précédentes, la crise s’étant même traduite par une croissance des effectifs dans le secteur public…Un secteur public dont la taille est jugée aujourd’hui non soutenable par de nombreux observateurs.

Sur de nombreux thèmes faisant l’originalité du Danemark, il est frappant de constater le consensus qui émerge une fois levé le voile trompeur des manoeuvres politiciennes destinées à faire croire le contraire:

– Lorsque Helle Thorning-Schmidt, leader du parti social-démocrate (opposition) déclare, à propos de la politique d’immigration qu’elle entend mener dans le cas où elle devenait Premier Ministre en 2011, ne pas souhaiter de durcissement supplémentaire des règles aujourd’hui en vigueur, elle admet implicitement que les mesures prises en termes d’immigration choisie depuis 2001, impulsées par le parti nationaliste, n’étaient pas si mauvaises.

– Afin d’assurer la soutenabilité des finances publiques à moyen et long terme, gouvernement et opposition s’accordent également sur la nécessité de viser l’expansion du marché du travail et sur le “travailler plus”. C’est dans ce contexte que doivent être appréhendées la réforme de la fiscalité, entrée en vigueur depuis le 1er janvier (allègement de l’imposition sur le revenu), les négociations actuelles encadrant les conventions collectives du secteur public (le gouvernement souhaitant parvenir à une hausse du temps de travail) et le programme de l’opposition, basé sur le slogan “12 minutes de plus par jour”.

– Le consensus trouvé en 2006 en termes de retraites, qui prévoit une élévation, de 60 à 62 ans de l’âge minimum de départ en préretraite entre 2019 et 2022 et une élévation de 65 à 67 ans de l’âge de départ en retraite entre 2024 et 2027 tient toujours malgré les effets de la crise. Un constat qui doit à l’obstination des deux plus grandes formations politiques, l’une au pouvoir, l’autre dans l’opposition.

Ce dépassement des idéologies se retrouve également dans les activités des groupes de réflexion récemment établis ou en voie de l’être:

– Commentant les contributions apportées au débat par deux grands groupes de réflexion (le CEPOS, à forte orientation libérale et CEVEA, orienté à gauche), le directeur de Concito, premier think-tank vert indépendant du pays (2008) avait récemment les commentaires suivants dans le journal à grand tirage Politiken : « J’ai du mal à voir autre chose que le fait qu’ils s’accrochent irrémédiablement au schéma de pensée du siècle précédent. Aux vieilles idéologies et à la logique politique s’appliquant à une vieille société industrialisée dans le cadre de laquelle la question la plus importante est de savoir comment le gâteau, d’une taille sans cesse croissante, devrait et pourrait être divisé de la meilleure des manières » (1).

– Le lancement prochain du groupe de réflexion Kraka sera conjointement financé par LO, la première confédération syndicale et DI, première organisation patronale. Le patron de Dansk Landbrug og Fødevarer (organisation privée représentant les intérêts des agriculteurs et des entreprises appartenant au secteur agroalimentaire) décrivait dans la presse le projet comme une “idée géniale” et confirmait son intention d’y contribuer, notamment financièrement (2).

En un sens, le resserement des positions défendues par les uns et les autres est critiquable. Comme souligné par certains, elle peut contribuer à limiter le jeu démocratique. A la question de savoir si les prochaines élections, qui seront au plus tard tenues à l’automne 2011 (mais plus probablement au printemps de la même année, une fois présenté le “plan économie 2020”) seraient centrées sur les questions économiques, le sociologue danois Henrik Dahl avait il y a quelques mois un avis très tranché sur la question : « Je ne le pense pas. Car il existe un consensus macroéconomique dans le cadre duquel chaque parti politique susceptible de faire partie d’un gouvernement accepte d’écouter les économistes nationaux et, dans une certaine mesure, de suivre leurs avis. Certains ont leurs économistes respectables préférés. D’autres en ont d’autres. Mais c’est une question extrêmement apolitique, car il s’agit d’avoir de l’ordre dans les affaires » (3).

Cette évolution est, selon certains, allée trop loin, les partis politiques se copiant les uns les autres et les membres du Folketing changeant de formation à une fréquence jusqu’ici inégalée.

En même temps, elle traduit dans une certaine mesure l’appropriation par les différentes formations politiques de la complexité des enjeux auxquels elles doivent répondre et leur volonté de coller le plus possible à la réalité. En cela, elle place aussi le Danemark aux avant-postes de la modernité, loin des visions binaires souvent basées sur des réflexes dans lesquelles les formations politiques traditionnelles de notre pays sont enfermées…

(1) « CEPOS og CEVEA kæmper fortidens kampe » Politiken, 14 décembre 2009 www.politiken.dk/debat/article859518.ece

(2) “Politiken tænketank deler vandene”, Berlingske Tidende, 18 décembre 2010 http://www.berlingske.dk/danmark/politiken-taenketank-deler-vandene

(3) Henrik Dahl, Ræson, 9 décembre 2009 page 3 http://www.raeson.dk/raeson091209.pdf

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Regroupement familial: le Danemark et le système à points

photoEncensé à travers le monde pour son modèle de flexicurité, le Danemark se distingue pourtant dans bien d’autres domaines que celui de l’emploi. Par exemple, la politique d’immigration, qui a sensiblement évolué depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition parlementaire actuelle (2001). Une politique qui s’est notamment traduite par l’adoption, en 2002, de la fameuse règle des 24 ans, censée limiter le regroupement familial (dans le cas où un des deux conjoints vient d’un pays hors de l’UE et a moins de 24 ans) à travers l’obligation de remplir une série de critères (attachement au Danemark, ressources, logement…). Cette règle des 24 ans vient de faire l’objet d’ajustements dans le cadre de la Loi de Finances 2011. Des ajustements qui débouchent sur l’introduction d’un système à points inédit (1).

Concrètement, ce système est basé sur l’obtention d’un seuil minimum de points (120 pour ceux ayant moins de 24 ans, 60 pour les autres) à partir de la liste suivante de critères, qui sont, par ordre décroissant d’importance, la formation, l’expérience professionnelle, la maîtrise d’une langue (danois, suédois, norvégien, anglais, français, espagnol ou allemand) et le respect de divers points (compétences linguistiques d’un plus faible niveau, engagement à ne pas s’installer dans un ghetto, volontariat dans le domaine humanitaire…).

Le thème de l’immigration déchaînant facilement les passions et étant également souvent marqué du sceau du politiquement correct, il est important de faire preuve, autant que faire se peut, d’objectivité.

Le premier constat qui découle de ce système à point est qu’il ne participe en rien à la “guerre” des religions. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter le top 5 des nationalités concernées par le regroupement familial au Danemark au titre de l’année 2009: Thaïlande, Turquie, Philippines, Chine et Etats-Unis (2).

Deuxièmement, la sauvegarde de l’Etat-providence danois passant à l’avenir (tous les économistes s’accordent sur ce point) par la présence de davantage d’étrangers qualifiés sur le marché du travail, les autorités entendent s’assurer que tous les individus qui bénéficient du regroupement familial sont effectivement employables et contribuent activement au fonctionnement de la société danoise.

La nécessaire expansion du marché du travail constitue d’ailleurs, au-delà de ce système à points, le coeur des réformes qui vont être adoptées au Danemark au cours des prochaines années. Parmi ces réformes, celle de la pension d’invalidité, pour laquelle les étrangers d’origine non-occidentale sont clairement sur-représentés: ils bénéficient du dispositif en moyenne trois fois plus souvent que les Danois, le nombre de bénéficiaires explosant depuis 2005…(3).

Troisième constat, le durcissement de la législation dans le domaine de l’immigration a bien eu pour conséquence de réduire de près de moitié le nombre de regroupements familiaux, mais n’a en rien empêché le nombre d’étrangers présents sur le marché du travail danois d’exploser au cours de la même période (4).

Ces nouvelles règles sont largement critiquées. En dehors du Danemark (Parlement Européen notamment) mais aussi bien évidemment au sein de la société danoise. Gênée, l’opposition de gauche proposait un système à points alternatif basé sur l’obligation de remplir 2 des 5 conditions suivantes: avoir passé avec succès un examen en danois, avoir passé avec succès un examen en anglais, disposer d’une formation jugée pertinente, disposer d’une expérience professionnelle minimum de deux ans répondant aux besoins du marché du travail et…signer une déclaration selon laquelle l’individu concerné se dit disponible pour le marché du travail. L’opposition feint donc de ne pas voir que c’est d’une main-d’oeuvre étrangère exclusivement qualifiée dont le pays a besoin…

Finalement, la véritable question, et elle est de taille, est la suivante: revient-il à l’Etat de décider avec qui on peut faire sa vie? Que certains Danois répondent par l’affirmative ne doit surprendre personne, tant l’Etat-providence est partout présent. Il n’en reste pas moins que le Danemark reste donc un cas à part en termes d’immigration. L’avenir dira s’il a eu raison. En attendant, les autorités seraient bien inspirées de mettre le turbo en termes d’attractivité…

(1) www.nyidanmark.dk/NR/…/0/nye_tider_nye_krav_pointsystemet.pdf

(2) http://www.nyidanmark.dk/da-dk/Statistik/SearchStatistics.htm?searchtype=statistics

(3) http://www.samspil.info/forside/vis+artikel?id=238

(4) http://www.berlingske.dk/politik/fire-gange-saa-mange-udlaendinge-i-danske-job

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A quand le retour du manque de main-d’oeuvre au Danemark?

P7161728Comment préparer le pays au retour du manque de main-d’oeuvre à moyen terme dans un contexte toujours marqué par les difficultés rencontrées par les jeunes diplômés à mettre le pied sur le marché du travail? C’est un des dillemmes auquel le gouvernement danois doit aujourd’hui faire face. Il en va tout simplement de la survie de l’Etat-providence, une fois considéré le fait que la disparition progressive du dispositif de préretraite, mais aussi la réforme de la pension d’invalidité, la maîtrise de la dépense publique ou encore l’éventuelle augmentation de la pression fiscale (qui ne peut être que limitée au vu de son niveau actuel) ne suffiront sans doute pas à assurer la soutenabilité des finances publiques après 2015 (1).

Le plus tôt la population danoise aura saisi l’importance des enjeux, le mieux ce sera. La préparation des prochaines élections générales, qui auront lieu d’ici novembre 2011, constitue une excellente opportunité, parallèlement au travaux du Forum de la Croissance (structure informelle de prospective chargée de formuler des propositions, d’ici le printemps 2011, afin de relancer la croissance), de débattre d’un thème sensible, qui fâche encore une partie des électeurs danois.

Il faut dire que l’immigration est un phénomène récent pour le Danemark et que la réputation du pays dans ce domaine tranche singulièrement avec celle du voisin suédois, en dépit des progrès notables réalisés en termes d’intégration des étrangers sur le marché du travail au cours de ces dernières années. La récente une du quotidien danois Jyllands-Posten (plus grand tirage du pays) résume d’ailleurs bien les enjeux.

imageLes peuples frères divisés sur les étrangers”, Jyllands-Posten, 15 septembre 2010

Il est à ce titre intéressant de rappeler qu’une des explications avancées par le Monde Magazine quant à la place numéro un occupée par le Danemark au classement du bonheur est la cohésion nationale. Un sentiment lié à l’existence d’une “tribu”, les Danois, et qui trouve une traduction politique assez forte depuis quelques années déjà.

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La frilosité du Danemark vis-à-vis des étrangers doit en effet beaucoup à la présence du parti nationaliste au sein de la coalition parlementaire au pouvoir depuis 2001. Les difficultés économiques tendent de plus (ici comme ailleurs!), à mettre les étrangers en première ligne. Le parti nationaliste danois vient par exemple d’exiger, dans le cadre des négociations entourant la Loi de Finances 2011, que les étrangers hors UE ne puissent plus percevoir de revenus de transfert de la part de l’Etat dès lors qu’ils n’ont pas payé d’impôts au Danemark pendant au moins 7 ans…(2).

La plupart des acteurs du monde économique ont néanmoins déjà saisi l’urgence de la situation, bien aidés en cela par diverses études récemment publiées par des groupes de réflexion. AErådet (think-tank rattaché à LO) indiquait par exemple qu’il manquerait 105 000 diplômés de l’enseignement supérieur au pays d’ici 2019 (3). Le renforcement de l’attractivité du pays est ainsi sur toutes les lèvres, les faiblesses du Danemark étant désormais bien identifiées: fiscalité peu favorable (y-compris pour les chercheurs), manque d’écoles internationales, difficultés administratives liées à l’omniprésence d’une langue, le danois, qui peut sembler difficile au premier abord, manque de logements étudiants…

De nombreuses initiatives venant compléter celles en place au niveau du secteur public sont donc en train d’être lancées afin de répondre à un besoin de main d’oeuvre étrangère qualifiée qui pourrait revenir très vite pour certaines professions (secteur de la santé, ingénieurs…). Certaines entreprises privées ont ainsi mis en place un consortium afin de coordonner les efforts dans ce domaine (4). Un projet de construction d’un Campus Universitaire vient également d’être lancé à Copenhague, avec pour objectif de retenir une plus grande partie des quelques 16 000 étudiants étrangers poursuivant chaque année des études dans le pays (5).

Recours accru à la main-d’oeuvre étrangère qualifiée pour préserver le très spécifique modèle danois d’Etat-providence. C’est le paradoxe dans lequel le pays devrait selon toute vraisemblance à nouveau se trouver après l’avant-goût constitué par la période 2006-2008. La première étape passe par le renforcement de son attractivité. Ne soyez donc pas étonnés d’entendre parler un peu plus du Danemark dans les années à venir…

(1) Le taux d’imposition sur le revenu du travail était de 48,3% en 2008. Il a depuis été abaissé, mais reste le plus élevé du monde.

(2) http://politiken.dk/politik/1060676/df-nul-ydelser-til-indvandrere-i-syv-aar/

(3) www.ae.dk/files/AE_okonomiske-tendenser-2009.pdf page 68.

(4) Consortium for Global Talent www.investindk.com/visNyhed.asp?artikelID=23515

(5) ThinkTankTalent www.thinktanktalents.dk/ThinkTankTalents/CPH_Campus.html

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Les progrès de l’intégration des étrangers au Danemark

SPM_A0101Confronté plus tardivement que la plupart de ses partenaires européens au phénomène de l’immigration, le Danemark n’a logiquement jamais bénéficié d’une très bonne réputation en termes d’intégration. La présence du parti nationaliste au sein de la coalition parlementaire au pouvoir depuis 2001 a évidemment eu tendance à crisper parfois inutilement les débats, la meilleure illustration étant sans doute donnée par la mise en oeuvre, en 2002, de la fameuse “règle des 24 ans” (1).

Pourtant, les progrès réalisés depuis une quinzaine d’années sont indéniables. Ils sont logiquement passés par l’ouverture sans cesse plus marquée du marché du travail aux étrangers. Un rapport de DA (Confédération des Employeurs Danois), publié en 2008, indiquait ainsi qu’au moins 250 000 étrangers étaient présents sur le marché du travail au cours de l’année précédente, soit 9% de la population active (2). Une évolution positive confirmée par les données disponibles en termes de taux d’emploi (77,4% au niveau national en 2008) (3).

Evolution du taux d’emploi des étrangers sur la période 1997-2008

% 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Etrangers occidentaux 59,4 60,3 61,7 62,1 63,0 63,2 62,0 60,6 61,4 62,5 64,0 64,9
Etrangers non-occidentaux 34,7 37,6 41,2 42,8 44,2 45,5 45,2 45,1 46,3 49,1 53,4 56,0

Différence entre l’évolution du taux d’emploi des étrangers et l’évolution du taux d’emploi des Danois sur la période 1996-2006 (4)

image Source: International Migration Outlook, OCDE Sopemi 2008 et DI

Selon DI (Conféderation des Entreprises Danoises), l’évolution positive constatée en termes de taux d’emploi résulte de la conjonction de plusieurs facteurs:

– Le marché du travail a été marqué à partir du milieu des années 90 par le durcissement de certaines règles (mise en place du troisième pilier du modèle de flexicurité, à savoir l’accent mis sur l’activation des chômeurs, raccourcissement de la durée de perception des allocations chômage…).

– L’accent mis sur le thème de l’intégration par l’ensemble des entreprises danoises, notamment dans le secteur privé (5).

– L’atteinte progressive du plein emploi, illustrée par un taux de chômage de seulement 1,6% au cours de l’été 2008.

Les préoccupations en termes de taux d’emploi se retrouvent également au niveau local. La politique ciblée en faveur des quartiers défavorisés menée par la commune de Copenhague est ainsi basée sur un « Baromètre de l’intégration » (http://www3.kk.dk/integrationsbarometer.aspx) permettant d’effectuer tous les six mois un bilan de la situation au sein de chaque quartier défavorisé de la capitale en ce qui concerne une batterie d’indicateurs, dont le taux d’emploi.

Bien que la crise économique en réduise l’urgence immédiate (le taux de chômage atteignait 3,5% au mois de mai selon les données officielles danoises, 5,7% selon Eurostat), le recours accru à la main-d’oeuvre étrangère qualifiée reste incontournable à moyen-long terme afin de parvenir à maintenir le niveau actuel d’Etat-Providence. Certaines projections indiquent  en effet que la main-d’oeuvre totale sera réduite de 340 000 personnes à l’horizon 2040, le nombre de retraités augmentant lui de 480 000 personnes…(6)

Part des étrangers et descendants (16-64 ans) dans la population (7)

imageSource: Danmarks Statistik et projections DREAM

D’où la décision prise par le Maire de Copenhague, Ritt Bjerregaard, de mettre sur pied, en janvier 2008, un groupe de réflexion, “Tænketanken om Fremtidens Arbejdskraft” (groupe de réflexion sur la main-d’oeuvre du futur), chargé de formuler des propositions destinées à attirer davantage de main-d’oeuvre étrangère qualifiée dans la capitale danoise (8). Les travaux de ce groupe de réflexion ont pour le moment débouché sur plusieurs pistes. Parmi elles:

– L’ouverture, effective depuis le mois de mai 2009, du CPH International Service (http://www.kk.dk/sitecore/content/Subsites/ThinkInCph/SubsiteFrontpage.aspx), département spécialisé dans l’aide, proposée en anglais, aux travailleurs, chercheurs et étudiants désirant s’installer dans la capitale.

– Un organisme nommé Copenhagen Partner sera chargé d’attirer de la main-d’oeuvre étrangère qualifiée et d’aider les personnes concernées à s’établir dans le pays. L’organisme fonctionnera comme un réseau au sein duquel les étrangers pourront échanger leurs expériences entre eux et rencontrer des Danois.  Copenhagen Partner collaborera avec les portails déjà existants au niveau national, à savoir Work in Denmark (http://www.workindenmark.dk), Life in Denmark (http://www.lifein.dk), Expat in Denmark (www.expatindenmark.com), ainsi qu’avec les organismes Wonderful Copenhagen (http://www.visitcopenhagen.dk) et Copenhagen Capacity (http://www.copcap.com).

– Le développement des possibilités d’accès à des sources d’information locale en anglais. Un nouveau service d’information viendra ainsi prochainement compléter ceux déjà existants aujourd’hui: Copenhagen Post (http://www.cphpost.dk) et la version internet en anglais des journaux Politiken (http://politiken.dk/newsinenglish) et Jyllands-Posten (http://jp.dk/uknews). La télévision et la radio seraient également concernées: TV2 Lorry proposerait une version avec sous-titres en anglais, Københavns Radio des extraits traduits dans la même langue sur internet.

– L’augmentation du nombre de places disponibles dans les écoles internationales au sein desquelles l’enseignement est effectué principalement en anglais, augmentation requierant également un changement au niveau législatif. Le manque de places, évalué aujourd’hui à 350 au niveau national, découragerait en effet certains étrangers de s’installer dans la capitale.

Population vivant au Danemark par origine (9) En bleu foncé: Danois En gris foncé: étrangers non-occidentaux en gris clair: étrangers occidentaux en bleu clair: descendants d’étrangers non-occidentaux en rouge: descendants d’étrangers occidentaux (1er janvier 2009)

image

Etrangers et descendants par origine (10) En bleu foncé: non-occidentaux, en gris: UE à 15 en bleu clair: nouveaux Etats membres de l’UE en bleu foncé: région nordique hors UE en rouge: divers pays occidentaux (1er janvier 2009)

image

Les nationalités les plus représentées au Danemark au 1er janvier 2009 (11)

Turquie 58 191
Allemagne 30 385
Irak 28 917
Pologne 27 198
Liban 23 563

Le ralentissement marqué de l’économie danoise, dès 2007, et la crise actuelle auraient pu remettre en cause le  processus d’intégration des étrangers sur le marché du travail. Il semble pourtant que ce ne soit pas le cas. Le “baromètre de l’intégration” indique par exemple que le taux d’emploi des étrangers non-occidentaux au sein de la commune de Copenhague a poursuivi sa progression entre août 2008 et février 2009, atteignant désormais 62,3%, les femmes étant les principales bénéficiaires de cette évolution (12). Encore un petit effort et le taux d’emploi des étrangers non-occidentaux atteindra dans la capitale danoise le niveau de ce qu’il est pour l’ensemble de la population dans notre pays…

(1) Un étranger hors UE peut obtenir un permis de résidence sur la base des règles en vigueur en termes de regroupement familial dans le cas où son/sa partenaire est danois(e) ou bénéficie d’un permis de résidence illimité depuis au moins 3 ans. A certaines conditions toutefois: les deux partenaires doivent notamment avoir au minimum 24 ans, doivent prouver qu’ils ont des liens plus forts avec le Danemark qu’avec tout autre pays. Celui ou celle vivant déjà dans le pays doit de plus déposer une garantie d’un peu plus de 8000 euros afin de couvrir tout ou partie de l’éventuelle aide sociale versée par la commune à la personne étrangère. http://www.nyidanmark.dk/da-dk/Ophold/familiesammenfoering/aegtefaeller/

(2) Arbjedsmarkedsrapport 2007, DA, http://www.da.dk/bilag/Sammenfatning%20_%20web.pdf

(3) Danmarks Statistik http://www.statistikbanken.dk/statbank5a/default.asp?w=1280

(4) “Rekord stort fremgang for integrationen i Danmark”, DI, juin 2009 http://di.dk/SiteCollectionDocuments/Indsigt/Rekordstor%20fremgang%20for%20integrationen%20i%20Danmark.pdf

(5) “Virksomheders sociale engagement Årbog 2008” SFI, décembre 2008 http://sfi.net.dynamicweb.dk/Default.aspx?ID=2093&Action=1&NewsId=1401

(6) “Hvis vi vil tiltrække fremtidens arbejdskraft” Politiken, 8 juillet 2009 http://politiken.dk/debat/kroniker/article747928.ece

(7) “Rekord stort fremgang for integrationen i Danmark”, DI, juin 2009 http://di.dk/SiteCollectionDocuments/Indsigt/Rekordstor%20fremgang%20for%20integrationen%20i%20Danmark.pdf

(8) http://www.kk.dk/cphtaenketanken.aspx

(9) “Tal og fakta befolkningsstatistik om indvandrere og efterkommere” Ministère de l’Intégration, juillet 2009 http://www.nyidanmark.dk/NR/rdonlyres/1515B0D4-92A1-451F-905C-8AC5A595C9EB/0/tal_fakta_juni2009_revideret_090709.pdf

(10) “Tal og fakta befolkningsstatistik om indvandrere og efterkommere” Ministère de l’Intégration, juillet 2009 http://www.nyidanmark.dk/NR/rdonlyres/1515B0D4-92A1-451F-905C-8AC5A595C9EB/0/tal_fakta_juni2009_revideret_090709.pdf

(11) “Tal og fakta befolkningsstatistik om indvandrere og efterkommere” Ministère de l’Intégration, juillet 2009 http://www.nyidanmark.dk/NR/rdonlyres/1515B0D4-92A1-451F-905C-8AC5A595C9EB/0/tal_fakta_juni2009_revideret_090709.pdf

(12) “Integrationsbarometer viser fremgang” Commune de Copenhague, 10 juillet 2009 http://www.kk.dk/Nyheder/2009/Juli/IntegrationsbarometerViserFremgang.aspx

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