Archives de Tag: Union Européenne

Courrier Danemark dans la presse

Après trois ans d’existence et la mise en ligne de près d’une centaine d’articles, Courrier Danemark se félicite de contribuer à faire apparaître un peu plus souvent le Danemark dans les publications généralistes et spécialisées de notre pays.

Courrier Danemark est notamment référencé dans le cadre de publications appartenant aux médias et institutions suivantes:

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IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales)

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http://www.ires-fr.org/index.php/publications/la-chronique-internationale/351-chronique-internationale-nd125-juillet-2010

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Valeurs Actuelles

image http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=5341 (10 septembre 2009)

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Agora Vox, le média citoyen

http://www.agoravox.fr/auteur/courrier-danemark (9 articles publiés)

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METIS (Correspondances Européennes du Travail)

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http://www.metiseurope.eu (blog ami apparaissant dans la catégorie “En Europe”)

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Vendredi Info

imagehttp://vendredi.info/?s=Danemark (article sur le Danemark et la Chine)


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Le référendum danois sur l’euro repoussé, mais pas aux calendes grecques

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Le lancement, le 22 janvier 2009, de consultations entourant une éventuelle adoption de l’euro semblait prometteuse. Les difficultés posées par le parti socialiste danois (SF), bien que sérieuses, étaient jugées surmontables, et les sondages indiquaient, à défaut d’un raz-de-marée en faveur du “oui”, une issue favorable, en raison notamment du coût représenté par le spread de taux d’intérêt entre la BCE et la Banque Centrale Danoise, qui résultait des attaques spéculatives contre la couronne danoise durant l’automne 2008 (1). Depuis lors, la crise s’est révélée être d’une ampleur telle qu’elle mobilise aujourd’hui toutes les énergies. D’où la mise au point faite le 6 octobre dernier par le Premier Ministre, Lars Løkke Rasmussen, lors du discours qui marquait l’ouverture de la session parlementaire.

Au-delà du besoin de davantage de clarté sur le Traité de Lisbonne, un référendum sur une question aussi importante que celle des exemptions danoises exige une large et solide majorité au Folketing. Cela n’a jusqu’ici pas été le cas. La crise économique a souligné qu’il serait avantageux pour le Danemark de prendre part à la zone euro. Nous avons pu constater la capacité de réaction de l’UE, qui est restée unie pour combattre la crise. Nous avons vu confirmé le fait qu’une participation à la zone euro est tout à fait conciliable avec une politique promouvant la croissance et l’emploi.

Mais, de manière paradoxale, la crise signifie aussi que le Danemark se dirige vers une situation où il n’est plus du tout certain qu’il puisse être admis dans la zone euro. L’année prochaine, le Danemark aura, tout comme une série d’autres pays, un fort déficit public en raison de la crise économique. Il est prévisible que le Danemark ne puisse, pendant une certaine période, remplir les critères d’adhésion à la zone euro. Ni les conditions politiques ni les conditions économiques ne sont donc remplies pour un référendum sur l’euro à l’heure actuelle. Nous nous trouvons dans une situation nouvelle où nous sommes contraints de réévaluer la manière avec laquelle nous abordons la question des exemptions danoises. Le gouvernement va par conséquent appeler les partis, au début de cette année parlementaire, à des discussions approfondies afin de déterminer de manière claire la position de chacun” (2).

Le discours du Premier Ministre danois appelle les remarques suivantes:

– Très ouvert sur l’extérieur (les échanges extérieurs représentaient les 2/3 du PIB en 2008), le Danemark devrait subir une récession de l’ordre de 4% en 2009. Même si les perspectives sont bien meilleures pour 2010, avec une croissance attendue comprise entre 1 et 1,5%, la crise ne sera réellement considérée comme surmontée qu’à partir du moment où le chômage repartira à la baisse, ce qui n’interviendra sans doute pas avant la fin 2010, date à laquelle le nombre de demandeurs d’emploi devrait approcher le chiffre de 170 000 (contre près de 105 000 aujourd’hui).

Les prochaines élections parlementaires étant prévues à l’automne 2011, il est prévisible que le gouvernement,  qui a grandement besoin du parti nationaliste pour gérer la période de turbulence actuelle, repousse le plus possible la date de leur tenue afin de profiter au maximum de la reprise espérée. Dans ce contexte, l’hypothèse d’un référendum sur l’euro semble donc exclue avant la fin 2011.

– L’argument du déficit public est nouveau dans le débat. Il devrait effectivement atteindre au moins 5% en 2010 et donc dépasser la limite autorisée dans le cadre du Pacte de Stabilité et de Croissance. Cet argument est également critiquable (quel pays membre de l’UE respecte encore ce critère aujourd’hui?) et traduit davantage le peu d’entrain du gouvernement à prendre des risques inconsidérés dans un contexte marqué par un retour en force des “nonistes”, comme l’indiquait un sondage réalisé au mois de mai pronostiquant pour la première fois depuis longtemps la victoire, même courte, du camp du “non” (3).

Pour autant, l’argument de doit pas être pris à la légère. Le Danemark a affiché une série d’excédents budgétaires depuis 2003, parvenant à faire passer la dette publique sous la barre des 30% au moment du déclenchement de la crise. Le pays pourrait certes demander son admission dans la zone euro sans nécessairement respecter, au moment de sa demande, le critère de déficit public, mais les Danois pourraient également faire du respect du seul critère qui leur échappera à partir de 2010 (rappelons que la France ne respecte pas non plus celui de la dette publique, qui ne repassera pas de sitôt sous la barre des 60%…) une question de fierté nationale au vu de leur réputation en la matière.

Or, poussé jusqu’au bout de sa logique, l’argument du non respect du déficit public indique qu’il est possible qu’un référendum sur l’euro ne puisse être organisé avant 2013. La Banque Centrale Danoise anticipe en effet un déficit public de l’ordre de 4,6% fin 2011, ce qui signifie que le Danemark pourrait manquer l’opportunité constituée par la présidence de l’Union Européenne, qu’il occupera au cours du premier semestre 2012, pour organiser un référendum (4).

Un raisonnement qui ne vaut toutefois que si la majorité actuelle est reconduite en 2011. Dans le cas contraire, l’argument du déficit public serait susceptible d’être levé, ouvrant la voie à un référendum au cours du premier semestre 2012. En revanche, la donne politique reste la même: au sein de l’opposition ou au pouvoir avec les socio-démocrates, le parti socialiste danois détient les clés de cette “majorité large et solide au Folketing” dont le pays ne semble pouvoir se passer…

(1) le spread de taux d’intérêt a atteint 175 point de base à l’automne 2008. Il a été réduit à 25 points depuis.

(2) http://stm.dk/_p_12951.html

(3) “Flertal siger nej til euroen” Berlingske Tidende, 14 mai 2009 http://www.berlingske.dk/politik/flertal-siger-nej-til-euroen

(4) http://www.bm.dk/da-DK/Tal%20og%20tendenser/~/media/BEM/Files/Dokumenter/Tal%20og%20tendenser/Konjunktur%20og%20arbejdsmarked/2009/Konjunktur_og_arbejdsmarked_uge_39.ashx

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Le Danemark bientôt dans la zone euro?

CPH Xmas 08 (3)

Un référendum en 2010. C’est aujourd’hui l’hypothèse la plus probable suite au lancement, le 22 janvier, des consultations entourant une éventuelle adoption de l’euro par le Danemark. Des consultations précédées d’une conférence au Folketing à laquelle a pris part notre ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, Christine Lagarde.

S’exprimant dans un anglais impeccable (si seulement tous nos dirigeants en percevaient l’utilité…), Christine Lagarde invitait les Danois a adopter la monnaie unique, s’associant ainsi au souhait du Premier Ministre, Anders Fogh Rasmussen, de la plupart des formations politiques, du Directeur de la Banque Centrale, Nils Bernstein, des représentants du monde des affaires et, si l’on en croit les derniers sondages, d’une majorité de la population, d’inverser les résultats du référendum de septembre 2000 (53% des Danois avaient alors voté contre le passage à l’euro).

Deux arguments de poids sont aujourd’hui avancés pour justifier l’abandon de la couronne danoise. En premier lieu, l’arrimage de cette dernière à l’euro (bande de +/- 2,25%) a un coût indéniable en période de turbulence: la Banque Centrale danoise a en effet été contrainte d’augmenter ses taux jusqu’à 5,5% à l’automne dernier face aux attaques spéculatives dont a fait l’objet la monnaie danoise. 5,5% soit un spread de 175 de base avec le taux pratiqué par la BCE au même moment. Certes, cet écart n’est aujourd’hui plus que de 100 pts de base (3% contre 2), mais il n’empêche que les taux d’intérêts sont toujours trop élevés au vu du contexte actuel, pénalisant ainsi des ménages d’ores et déjà bien endettés…Deuxième argument, le fait que le Danemark se prive d’une certaine influence politique en restant exclu de l’Eurogroupe, organe au sein duquel sont prises de plus en plus d’orientations importantes.

Pourquoi donc attendre 2010 pour proposer un tel référendum? Parce que le Premier Ministre danois entend tenir compte des erreurs du passé, souhaitant le soutien le plus large possible de la classe politique. S’il n’a rien à espérer du parti nationaliste (DF) de Pia Kjærsgaard, farouchement opposé à tout débat sur la question, des signes d’ouverture ont été récemment donnés par le leader du parti socialiste, Villy Søvndal (SF).

Il s’agit donc pour le Premier Ministre de débattre et de convaincre afin d’éviter une alliance entre les deux personnalités les plus influentes de la vie politique danoise de ces dernières années. Or, le parti socialiste n’entend pas relier crise économique et débat sur l’euro: sous-entendu, pas de référendum avant la fin de la crise actuelle et surtout pas de prise de position en faveur de l’euro à moins que ne soient remplies trois conditions: que la monnaie unique devienne un rempart de lutte contre la spéculation, qu’elle permette de mener une politique davantage orientée vers l’emploi et que les décisions prises dans la zone euro tendent vers des investissements significatifs dans le domaine de l’environnement et des technologies vertes.

A ce débat d’ores et déjà bien balisé vont toutefois inévitablement venir s’ajouter d’autres considérations économiques: crainte d’une hausse des prix alors que ces derniers sont déjà supérieurs à la moyenne UE (une hausse des prix officiellement inexistante en France et effectivement inexistante en Slovaquie, dernier venu dans la zone euro), crainte d’un alignement vers le bas d’un l’Etat-Providence danois déjà sous pression…Sans compter les considérations irrationnelles/émotionnelles. Car on l’oublie trop souvent mais les citoyens européens ne sont pas tous des économistes, loin de là…Partierne

Le débat sur l’euro sera bien évidemment l’occasion de parler d’Europe. Une occasion que le Mouvement Démocrate Danemark ne manquera pas de saisir à quelques mois des élections européennes. Parce qu’on prend l’Europe pour donnée alors qu’elle reste largement à construire. Parce que la véritable “politique de civilisation”, c’est l’approfondissement de cette construction. Pas une Union Méditérranéenne superflue dont le seul objectif est d’exclure la Turquie de l’UE alors qu’elle doit y trouver sa place le moment venu (1). Pas un alignement absurde sur un soi-disant “modèle” britannique dont la crise actuelle illustre pourtant plus que jamais le non-sens…Plutôt une commaunauté au sein de laquelle on échange les recettes qui marchent, où on ne se contente pas d’avoir comme seul objectif suprême la stabilité des prix (bref, une Europe sociale et humaniste), où les priorités sont la protection de l’environnement, l’éducation, le défi posé par le vieillissement de la population, l’approfondissement des échanges culturels…(2)

Faute d’une véritable vision, nos dirigeants en sont contraints à l’exercice, toujours aléatoire, de la prévision. A la question de savoir quel modèle s’imposerait après la crise, Henri Guaino, conseiller spécial du Président, répondait la semaine dernière de la manière suivante:

Il y a, comme toujours, plusieurs avenirs possibles. Je crois que le modèle de demain sera moins patrimonial, moins fondé sur la rente, sur l’endettement et davantage sur le travail. Il sera sans doute un peu plus proche du modèle des Trente Glorieuses que celui des deux dernières décennies. Il sera aussi plus orienté vers la croissance intérieure que vers la croissance extérieure. Dans le meilleur des cas, la croissance sera plus durable et il y aura moins de déséquilibres dans la mondialisation, moins d’excédents pour les uns, moins de déficit pour les autres. À condition d’arriver à créer les conditions pour que chacun paye le vrai prix du risque et le vrai prix de la rareté. Mais on peut aussi avoir le pire si le chacun pour soi l’emporte, si le protectionnisme triomphe. On peut se réveiller avec des nationalismes économiques agressifs, des guerres commerciales, monétaires, avec, derrière, la montée du populisme. Conjurer ce risque, c’est le grand défi auquel va se trouver confrontée la politique dans les mois et les années à venir” (3).

D’accord pour les risques de protectionnisme, pour le reste, c’est le vide sidéral. Difficile de faire plus langue de bois. ”Moins fondé sur l’endettement”: pas de doute, on en prend le chemin (prévisions de dette publique à 76% du PIB en 2010 pour la France selon la Commission Européenne). “Sans doute un peu plus proche du modèle des Trente Glorieuses”: si l’on sous-entend par là la recherche à tout prix d’une croissance annuelle du PIB de 5%, peut-être n’a t-on pas tiré toutes les enseignements de la crise actuelle…

(1) Voir mon commentaire à l’article “Michel Rocard: oui à l’entrée de la Turquie dans Europe!” Agoravox, 6 novembre 2008 http://www.agoravox.fr/commentaire_static.php3?id_article=46775&id_forum=1892399

(2) Voir l’article édifiant suivant: “La présence culturelle française à l’étranger étranglée par la baisse des crédits”, Le Monde, 23 janvier 2009 http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/01/23/la-presence-culturelle-francaise-a-l-etranger-etranglee-par-la-baisse-des-credits_1145607_3246.html

(3) “Henri Guaino: pourquoi il faut refonder le capitalisme”, Le Figaro, 23 janvier 2009 http://www.lefigaro.fr/politique/2009/01/23/01002-20090123ARTFIG00638-henri-guaino-pourquoi-il-faut-refonder-le-capitalisme-.php

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